Linfluence américaine en Europe: de la gouvernance économique à la toute puissance.
« Il n’y a que deux classes en Europe, celle qui veut des privilèges et celle qui les repousse ».(Napoléon)
La FED vient à nouveau de baisser ses taux directeurs. Les effets immédiats n’ont été que ceux que l’on pouvait attendre: augmentation du baril de pétrole brut et renforcement de l’Euro. Si l’Union Européenne maintient cette politique monétaire de l’immobilisme, c’est qu’elle veut nous préparer un cadeau de Noël exceptionnel: un baril à 100 dollars et un euro à 1.50 dollar.
Avec une telle situation et de telles prévisions, se pose nécessairement la question des causes de cet immobilisme. Elles sont de deux ordres. D’une part, la dépendance au pétrole de certaines économies comme celle d’outre-rhin pousse la Banque Centrale Européenne a faire perdurer cet affaiblissement du dollar, pour contenir l’augmentation du prix du baril. D’autre part, l’euro atlantisme développé par Angela Merkel au cours de sa présidence de l’Union Européenne comporte des effets néfastes aussi bien sur le plan économique que sur le plan institutionnel.
Si nous souhaitons un Euro instrument de croissance, il nous faut donc revoir la politique énergétique de l’Europe qu’il faut davantage axer sur le nucléaire que sur le pétrole, mais aussi contenir l’influence (pour ne pas dire l’omnipotence) américaine en Europe.
Il est un rêve que d’émettre ce souhait, il est une fleur au bout du fusil que de penser que du jour au lendemain l’Europe va sortir du joug américain, et plus largement du joug ultralibéral.
S’agissant du joug américain, le Traité Modificatif Européen contre lequel il faut plus que jamais s’opposer, prévoit un alignement de la politique étrangère européenne sur celle de l’OTAN, organe piloté de main de maître par les Etats-Unis. S’il est vrai que cette institution concerne davantage les questions militaires et diplomatiques, l’importance des questions commerciales dans les relations internationales permettra aux américains d’asseoir leur domination économique et par conséquent monétaire sur le vieux continent. Ce constat sera d’autant plus vrai si le Traité passe comme une lettre à la poste.
S’agissant du joug ultralibéral, il suffit de s’adresser à la Banque Centrale Européenne. Lorsqu’on lui somme de revoir sa politique monétaire, elle invoque la lutte contre l’inflation pour justifier ses hauts taux. Certes, elle entend ainsi contenir à moyen terme la hausse des prix, mais pour autant elle permet également la croissance exponentielle de la masse monétaire (+10% en 2006), autrement dit, produit des liquidités servant davantage les dividendes que les portefeuilles. La politique de l’Euro fort favorise un essor du capitalisme financier au détriment du capitalisme productif. Le silence du Traité Modificatif européen sur ce point sonne comme un accord de principe. Tout temps que la BCE demeurera indépendante, et que les États n’auront pas leur mot à dire en matière de politique monétaire, l’Euro ne sera pas un instrument de croissance.
Il n’est donc pas seulement un devoir de souverainiste, de citoyen attaché à son pays que de s’opposer au Traité Modificatif Européen, mais il est aussi un devoir d’homme, attaché à la prospérité de ses concitoyens. Notre opposition donne un vrai sens au patriotisme économique: « le nationalisme, c’est la haine des autres alors que le patriotisme, c’est l’amour des siens ». Agir par patriotisme économique contre cette Europe, c’est se battre pour que chacun puisse toucher les fruits de son travail, à la hauteur de son effort. Mais qui a dit « travailler plus pour gagner plus »?
Cédric