vers une journée du Souvenir?

Publié le par DLJ Lorraine

C’est une bonne initiative que d’essayer de concerner les élèves de Lycée dans la vie civique en leur montrant l’exemple d’un garçon de leur âge exécuté pour justement ses idéaux. Seulement voila, je pense que la méthode employée est complètement inutile voir confusante:

 

Je pense que  vouloir imposer une journée commémorative nationale, est une mauvaise idée. En effet cette initiative vise avant tout les jeunes des milieux populaires, souvent issus de l’immigration et donc qui ne connaissent pas très bien la période d’occupation. Malheureusement le Président Sarkozy n’est pas très apprécié auprès de ces jeunes, cette mesure risque donc d’assimiler la lettre de Guy Môquet comme de la « propagande Sarkozienne » et de ce fait entrainer un rejet a priori du texte et de cet fait du thème de la Résistance.

 

Le plus judicieux serait à mon avis d’intégrer l’étude de cette lettre dans le programme scolaire des lycéens ainsi le prof d’histoire pourra expliquer son contexte et les clefs nécessaires pour comprendre les deux dimensions de cette lettre.

 

Premièrement, il y a la dimension émotionnelle et symbolique. Elle se résume en trois points :

 

            Tout d’abord l’extrême jeunesse de Guy Môquet, 16 ans au jour de son arrestation. Ce qui montre bien « l’impitoyabilité »  de l’occupant Nazi.

 

            Ensuite il y la force émotionnelle qui réside dans sa correspondance et dans les mots simples et cinglants de vérité qu’il emploi alors qu’il va être fusillé dans quelques heures.

 

            Enfin il y a la disproportion totale entre les faits qui lui sont reprochés (distribution de tracts) et la sentence prononcée à son encontre.

 

Et la nous entrons dans la dimension historique de la lettre, Guy Môquet par son exemple est devenu un symbole de la Résistance sans avoir été lui même résistant. Ce texte nous est un témoignage entre cette charnière de la 2de Guerre Mondiale dans la relation germano-soviétique.

 

En effet, à partir de la signature du Pacte de non agression (Ribbentrop-Molotov) l’U.R.S.S. devient donc l’allié objectif de l’Allemagne Nazie. Par le Kominterm, le parti communiste français devient alors l’extension de la politique étrangère du Kremlin. Lorsque la guerre est déclarée en septembre 1939, ce dernier encourage le « pacifisme » et le défaitisme, si bien que Daladier par un décret loi du 26 septembre 1939 interdit le parti qui devient alors clandestin.

 

Lorsque 9 mois plus tard les Allemands entrent dans Paris, le PCF sort de sa clandestinité durant l’été 1940 en raison du Pacte de non agression. Il est même question de refaire paraître l’Humanité. Malheureusement très vite il y a de l’eau dans le gaz entre nazis et communistes en raison de leurs trop grands désaccords idéologiques et à l’automne 1940 des arrestations reprennent. La résistance à l’occupant n’était pas la priorité des tracts que Guy Môquet distribuait lors de son arrestation le 15 octobre 1940.

 

Ces arrestations de communistes marquent donc progressivement le retour à la clandestinité du parti et annoncent la rupture du Pacte Germano-Soviétique par l’opération Barbarossa de l’Allemagne en juin 1941 (retardée par les déboires italiens dans les Balkans).

 

Guy Môquet est donc envoyé dans un camp de prisonniers prés de Nantes et sert donc « d’otage » visant à prévenir toute action de représailles des communistes en raison de la violation du Pacte. Malheureusement le 20 octobre 1940 un officier Allemand est assassiné par des communistes et en représailles les nazis exécutent 27 de leurs otages. Guy Môquet est donc choisi à titre d’exemple en raison de son jeune âge, et de son statut de fils de député communiste.

 

Môquet et les 27 autres sont donc devenus martyrs mais je pense qu’ils ont eut conscience de leur positions. Ils ont su percevoir que leur mort donnera des raisons supplémentaires de continuer la lutte contre la tyrannie nazie et a ce titre ils méritent les honneurs de héros de la Résistance. A travers Guy Môquet nous rendons hommage à toute une jeunesse communiste, gaulliste ou tout simplement française qui a combattu l’occupant et qui en a payé le lourd tribut lorsqu’elle était prise.

 

Mais ca bien sûr, on ne vous l’expliquera jamais lors de la journée commémorative…

Olivier

 

Publié dans dljlorraine

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Juris 27/10/2007 17:43

Déjà et x3 exemplaires! Bon alors merci Jérôme pour la mise en page et bonne continuation...
Je ne sais pas si vous avez remarqué mais le 18 brumaire Européen de Sarkozy commence a faire raler dans les média, a commencer par Marianne mon magazine préféré!
Un sondage du Financial Times indique que les Français sont clairement favorable à un référendum (63%). Faut prendre avec des pincettes ce qui vient d'Angleterre mais je suis en attente du même sondage en France...