Informations sur la grève dans le monde médical.

Publié le par DLJ Lorraine

Depuis quelques semaines déjà, les internes et les étudiants en médecine ont entamé un mouvement de protestations puis de grève suite au projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2008. Cet article va permettre d’apporter quelques éléments pour comprendre ce mouvement social.

 

 

La sécurité sociale, comme tout le monde le sait, est en déficit chronique depuis plusieurs années. Des réformes sont donc plus que nécessaires pour rembourser cette dette et ainsi ne pas laisser aux générations futures la responsabilité de nos erreurs.

Or, parmi les réformes proposées, se trouve un article forçant la majorité des nouveaux médecins à travailler en milieu rural sous peine d’un déconventionnement s’ils décident de s’installer en milieu urbain.

 

Cette idée, qui part d’une bonne intention (rééquilibrer la densité médicale française au profit des zones rurales) risque d’aboutir in fine à un résultat contraire à l’objectif initial.

 

 

En effet, il existera en France dans les 5 années à venir un déficit globale de médecins dû à la non augmentation du numerus clausus (nombre d’étudiants, fixé par décret gouvernemental, autorisé à entrer en 2ème année de médecine) dans les années 90 alors même que la pénurie médicale était prévisible (due aux départs à la retraite des médecins issus de la génération « Baby boom » depuis le début des années 2000). Ainsi, une menace de déconventionnement n’obligerait en rien les futurs médecins à s’installer dans le monde rural mais leur permettrait de rester en ville où il existera (certes dans une proportion moindre qu’en campagne) un déficit de médecins avec création d’une médecine privée et payement par des assurances privées ou par des fonds privés.

 

La France verrait donc l’installation d’une médecine à 3 vitesses avec d’une part une médecine privée, déconventionnée mais bénéficiant de la pénurie médicale pour s’installer en ville, une médecine hospitalière urbaine (assurée en grande partie par des médecins étrangers comme c’est déjà le cas actuellement dans les CHU français) pour prendre en charge celles et ceux ne pouvant investir dans une médecine libérale et enfin un désert médical dans les zones rurales.

 

En résumé, l’objectif de la revendication qui oppose les représentants des jeunes médecins français et le gouvernement est de revenir sur une politique d’incitation à l’installation en campagne avec facilités pour créer des maisons médicales, la mutualisation des gardes de nuit pour préserver une qualité de vie familiale, la rémunération à l’acte… comme proposées actuellement mais dans des proportions modestes.

Pour mémoire, un médecin de campagne a un travail plus pénible et moins bien rémunéré qu’un médecin de ville n’assurant ni gardes ni d’astreintes les nuits et les week-ends.

Par ailleurs, une consultation pour un renouvellement d’ordonnance ne demande pas autant de temps qu’une suture. Elles ne devraient donc idéalement pas être payées selon les mêmes tarifs. Malheureusement, il n’y a pas actuellement de différenciation dans les tarifications ce qui incite fortement les médecins à se délester sur les services hospitaliers… au détriment du patient qui doit donc se déplacer vers un service hospitalier…et de la sécurité sociale qui doit payer 2 consultations !!

 

Etre médecin de campagne est un choix que des jeunes carabins veulent encore pouvoir devenir avec envie, courage et ardeur car l’exercice est beaucoup plus valorisant qu’un travail en ville où le généraliste n’assure qu’une prise en charge superficielle de ses patients (il transmet très rapidement aux spécialistes…) mais pas au détriment de l’intégralité de leur vie familiale et personnelle…

Publié dans Actualité politique

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