Le petit Nicolas, c'est l'autre

Publié le par DLJ Lorraine

Par Nicolas Domenach, directeur adjoint de la rédaction de Marianne

C'est sa fête à lui aussi et pourtant on n'en parle pas ou si peu. Nicolas Dupont-Aignan, député UMP de l'Essonne et candidat gaulliste à l'élection présidentielle qui porte sa Croix de Lorraine en gravissant la montagne élyséenne. Vous imaginez le coup de poignard en plein cœur à chaque fois qu'à la télévision, à la radio, il entend, et c'est tout le temps, Nicolas ceci, Nicolas cela, Nicolas crie, Nicolas sourit, Nicolas pleure.

 Mais lui ce n'est pas le Nicolas trusteur des médias qui « confisque », comme il le dit, « la démocratie ». Lui ce n'est pas Sarkozy, c'est Dupont puisque tout le monde ne peut pas s'appeler Durand. Dupont, c'était le nom de son père négociant en vin et Aignan celui de sa maman artiste peintre. Des parents qui n'avaient rien à voir avec la politique mais cet énarque a été comme il le raconte touché par la grâce gaulliste très tôt. A l'âge où les garçons courent les surprises parties, lui c'était les meetings. A 13 ans il prenait sa « mob » pour aller chercher les affiches de Jacques Chaban Delmas, candidat gaulliste à l'élection présidentielle. Et il se promenait avec un de ces tee-shirt ridicule qu'on met sur ses chemises à la gloire de son héros. Il a l'air de jamais l'avoir enlevé, c'est ça, et la foi qui lui donnent cet air, l'air un peu emprunté et illuminé.

 Il est vrai que jamais il n'a lâché sur la trinité de ses convictions gaullo-gaullistes. Le volontarisme, l'amour de la France, le respect du peuple. Nicolas Dupont-Aignan les a défendus avec Villiers, avec Pasqua, avec Séguin, ayant en commun ce combat contre l'Europe qui « abaissait et délitait la Nation ». D'un référendum à l'autre, toujours il a dit « non » et en 1999, cet ex-chef de cabinet de Bayrou s'est mis à son compte en créant son club Debout la République.

Il a pris date en se présentant contre Alain Juppé pour la présidence de l'UMP puis contre Nicolas Sarkozy en personne. L'inconscient n'a pas fait des gros scores, 15 % contre Juppé, 9% contre Sarkozy. Et on l'a beaucoup moqué, on le moque encore, l'affublant du sobriquet de « Dupont Gnan Gnan » ou, par dérision de « Super Dupont » à qui il ne manquerait que la baguette, le béret et la cape volante bien sûr.

 Mais ses fidèles se sont multipliés qui l'appellent eux « NDA », ce qui sonne comme une déclaration de guerre et une provocation ironique face à « PPDA » qui ne l'a jamais invité sur son plateau de TF1. Nicolas Dupont-Aignan a donc puisé sa force dans ce mépris médiatico-politique général. Sous les ricanements, il avait annoncé depuis des années sa candidature à l'élection présidentielle de 2007, car « le gaullisme, affirmait-il, ne pouvait pas mourir ». Car « Villepin, pas plus que MAM, pas plus que Chirac, ne seraient candidats », prophétisait-il. Car Sarkozy enfin se situait tellement à droite qu'il lui dégageait plus qu'un boulevard, une autoroute. Aujourd'hui il s'y engouffre donc sans passer par la case débat de l'UMP qui serait un piège. Il veut dans les traditions gaullistes s'adresser directement au peuple. Pas de Londres mais de l'Eau d'un bateau sur la Seine, c'est un début : le candidat déclaré va lancer sa campagne militante…

Plus d'un million de tracts, un site internet comme un grand avec slogan : « en 2007 Reprenez le pouvoir ». « Il faut réveiller les Français que les politiques, les élites veulent endormir pour repasser en contrebande. Ce « Oui » à l'Europe libérale auquel le peuple de France à dit « non » » !

Déjà plus de 300 élus, lui ont apporté leurs signatures. Et Nicolas Dupont-Aignan est sûr d'obtenir les 500 nécessaires pour entrer en lice. Il croit comme il dit au « miracle » et même au retrait de Chevènement en sa faveur. A la vérité, il y travaille à ces prodiges, frappant fort à la porte de tous les hauts plateaux télévisuels pendant que ses militants fervents parcourent la France. Vous les reconnaîtrez facilement. Ils portent le tee-shirt de leur candidat comme des chasubles, parfois même ils ont tatoué sur le biceps ou le cœur une croix de Lorraine avec ces mots : « Au Grand Charles pour toujours ». Et ils crient « Nicolas Président » mais attention aux contrefaçons pseudo-gaullistes. Ne pas confondre. Il y a « Nicolas » et « Nicolas » qu'on se le dise !

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Tibo 26/01/2007 00:48

N'étant pas du même bord politique, je souhaite cependant un bon courage à Nicolas Dupont Aignant, un homme courageux.Bonne continuation