R comme République

Publié le par DLJ Lorraine

« C’est en un temps où il lui fallait se réformer ou se briser que notre peuple, pour la première fois, recourut à la République. Jusqu’alors, au long des siècles, l’Ancien Régime avait réalisé l’unité et maintenu l’intégrité de la France. Mais, tandis qu’une immense vague de fond se formait dans les profondeurs, il se montrait hors d’état de s’adapter à un monde nouveau. C’est alors qu’au milieu de la tourmente nationale et de la guerre étrangère, apparut la République. Elle était la souveraineté du peuple, l’appel de la liberté, l’espérance de la justice. Elle devait rester cela à travers les péripéties agitées de son histoire. Aujourd’hui, autant que jamais, nous voulons qu’elle demeure.

 

Certes la République a revêtu des formes diverses au cours des règnes successifs. En 1972, on la vit révolutionnaire et guerrière, renverser trônes et privilèges, pour succomber, huit ans plus tard, dans les abus et les troubles qu’elle n’avait pu maîtriser. En 1848, on la vit s’élever au dessus des barricades, se refuser à l’anarchie, se montrer sociale au-dedans et fraternelle au-dehors, mais s’effacer encore faute d’avoir accordé l’ordre avec l’élan du renouveau. Le 4 septembre 1870, au lendemain de Sedan, on la vit s’offrir au pays pour réparer le désastre.

 

De fait, la République sut relever la France, reconstituer les armées, recréer un vaste Empire, renouer des alliances solides, faire de bonnes lois sociales, développer l’instruction. Si bien qu’elle eut la gloire d’assurer, pendant la Première Guerre mondiale, notre salut et notre victoire. Le 11 novembre, quand le peuple s’assemble et que les drapeaux s’inclinent pour la commémoration, l’hommage que la patrie décerne à ceux qui l’ont bien servie s’adresse aussi à la République.

 

Cependant, le régime comportait des vices de fonctionnement qui avaient pu sembler supportables à une époque statique, mais qui n’étaient plus compatibles avec les mouvements humains, les changements économiques, les périls extérieurs, qui précédaient la Deuxième Guerre mondiale. Faute qu’on y eût remédié, les événements terribles de 1940 emportèrent tout. Mais quand, le 18 juin, commença le combat pour la libération de la France, il fut aussitôt proclamé que la République à refaire serait une République nouvelle. La Résistance tout entière ne cessa pas de l’affirmer.

 

On sait, on ne sait que trop, ce qu’il advint de ces espoirs. On sait, on ne sait que trop, qu’une fois le péril passé, tout fut livré et confondu à la discrétion des partis. On sait, on ne sait que trop, qu’elles en furent les conséquences. A force d’inconsistance et d’instabilité et quelles que pussent être les intentions, souvent la valeur, des hommes, le régime se trouva privé de l’autorité intérieure et de l’assurance extérieure sans lesquelles il ne pouvait agir. Il était inévitable que la paralysie de l’Etat amenât une grave crise nationale et qu’aussitôt la République fût menacée d’effondrement.

 

Le nécessaire a été fait pour obvier à l’irrémédiable à l’instant même où il était sur le point de se produire. Le déchirement de la nation fut, de justesse, empêché. On a pu sauvegarder la chance ultime de la République. C’est dans la légalité que moi-même et mon gouvernement avons assumé le mandat exceptionnel d’établir un projet de nouvelle Constitution et de le soumettre à la décision du peuple.»

 

C. de Gaulle

 

Présentation du projet de Constitution de la Vème République

 

4 septembre 1958,  Place de la République à Paris

Voilà un texte pour réfléchir sur l'utilité et la nécessité des institutions de la Vème pour la France...

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Sébastien NANTZ 19/05/2006 10:03

Salut, j'ai rajouté le lien de votre blog sur le mien.
Bravo et bonne continuation
 
Sébastien NANTZ
DLR club du Lunévillois