Le gaullisme : une certaine idée du monde

Publié le par DLJ Lorraine

L’exigence de grandeur qu’il nourrit pour la France conduit De Gaulle à remettre en question l’ordre international établi par la Guerre Froide et à imaginer une place nouvelle pour son pays dans le concert desNations.

N’acceptant pas que la France soit inféodée, il rejette aussi bien l’hégémonie des Etats-Unis que celle de l’URSS. Soucieux d’une indépendance militaire, il soutient les programmes de recherche nucléaire déjà engagés, dote la France de l’arme atomique puis la retire de l’OTAN. S’il se montre solidaire du monde occidental, il ne ménage pas pour autant ses critiques aux américains.

 Parallèlement, pour briser la bipolarité, croyant plus aux nationalismes qu’aux idéologies, il entreprend des voyages en Europe de l’Est et en Amérique latine afin de susciter une nouvelle voie en dehors de la politique des blocs. En ce qui concerne sa politique coloniale, le Général adapte sa position aux circonstances. Malgré le discours généreux de Brazzaville, il se montre d’abord favorable au maintien de l’Empire, pour des raisons de grandeur nationale. Si, de retour au pouvoir, il engage la France ruinée et divisée dans la voie de la décolonisation c’est pour qu’elle retrouve sa grandeur et son prestige auprès des jeunes nations. Ainsi, la France doit aider généreusement ses anciennes colonies à se développer.

Pendant qu’elle se défait de son empire colonial, la France tisse des liens plus étroits avec ses voisins européens. A ce sujet, De Gaulle manifeste une grande continuité en s’appuyant sur une certitude géographique : l’Europe constitue un seul continent, de l’Atlantique à l’Oural, et la coupure artificielle de Yalta doit être refusée. Il se déclare partisan d’une Europe des nations, qui devra unir des Etats et non être fondée sur l’intégration et la supranationalité. S’il se montre, après 1958, un ferme partisan de la construction économique de l’Europe, c’est qu’il y voit la possibilité d’obliger l’industrie française à s’adapter à la concurrence internationale. Cette Europe des Etats, il la veut résolument indépendante, ni soumise aux Etats-Unis, ni troisième bloc entre les deux Grands et souhaite l’édifier sur le pilier franco-allemand.

De Gaulle fut avant tout un patriote, puisqu’il affirmait le souci prioritaire de conserver l’indépendance, de maintenir l’intégrité de la souveraineté et d’affirmer la grandeur de l’Etat-Nation. Ses fidèles mettent l’accent sur le caractère exceptionnel de ce chef qui parvint à construire une nouvelle France dans un monde nouveau. Il est de fait le représentant de l’exception française par sa tentative de construction d’une troisième voie. Mais au-delà de toutes ces considérations, le gaullisme est avant tout une manière d’aimer la France et de l’honorer.

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