Le gaullisme : une certaine idée de la France

Publié le par DLJ Lorraine

Tenter de définir le gaullisme peut sembler bien utopique. Le général De Gaulle s’attacha en effet toujours à rejeter les doctrines a priori et à leur préférer l’adaptation pragmatique aux circonstances. Il a toutefois beaucoup écrit, beaucoup prononcé de discours, et il est possible de dégager les lignes de force de la pensée de cet homme de conviction.

Le premier tome des Mémoires de guerre s’ouvre sur une phrase à coup sûr longuement pensé et médité et qui est devenu le slogan de notre mouvement : « Toute ma vie, je me suis fait une certaine idée de la France. » La France est pour De Gaulle une véritable personne, qu’il imagine « telle la princesse des contes ou la Madone aux fresques des murs » ; elle devint pour lui une compagne, dont le destin aurait croisé le sien en juin 1940 et à laquelle il finit pas s’assimiler.

Cette idée de la France, De Gaulle la puise dans une bonne connaissance de l’histoire de son pays. Cette histoire, qu’il écrit avec un grand H, a ses héros, parmi lesquels Jeanne d’Arc, Danton, Clémenceau occupent une place de choix. Comme Péguy et Barrès, il n’exclut rien de l’histoire de France, ne rejette rien, mais associe dans un même ensemble tous les évènements qui ont contribué à la formation du pays et du sentiment national. Une continuité sans faille unit donc les soldats de Jeanne la Lorraine, les volontaires de l’an II et les poilus de Verdun. Dès lors, son admiration est réservée en priorité à ceux qui contribué à la grandeur de la France. Car, pour De Gaulle, « la France ne peut pas être la France sans la grandeur ». Non seulement la France est, mais de plus elle doit être ; elle est investie d’une mission dont elle est redevable à l’égard du monde entier, elle est vouée à « une destinée éminente et exceptionnelle ».

 Ainsi, pour que la France soit la France, elle doit nourrir un grand rêve national, une ambition élevée qui lui permette de compenser les ferments de dispersion.

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