Disparition d'un médecin et poète: Jean Bernard

Publié le par DLJ Lorraine

Nous venons d'apprendre le décès du professeur Jean Bernard à l'âge de 98 ans. Nous vous donnons ici un résumé de l'article paru dans l'Est Républicain du 22 avril.

 

  Spécialiste de renommée internationale en hématologie et pédagogue, Jean Bernard s'est mis toute sa vie à la portée des autres, de ses étudiants, de ses patients, de ses lecteurs. Il n'usait pas de jargon, et savait même, quand le sujet était complexe, le disséquer avec limpidité. Il n'était pas le mandarin délivrant du haut de sa chaire des sermons. Il était le médecin pour qui soigner et comprendre les maladies du sang importait plus que tout. Arrivé presque par hasard dans un service d'hématologie, il n'a eu de cesse de découvrir  les propriétés cellulaires du sang et les moyens thérapeutiques pour guérir les leucémies jusqu'alors mortelles.

 

  Né le 26 mai 1907 à Paris, Jean Bernard avait fondé dès 1931 la 1ère société savante d'hématologie au monde. Si la guerre a interrompu les travaux de recherche de ce pionnier, il y a été exemplaire. Il a été l'un des 500 titulaires de la carte de résistant de 1940. Arrêté par les allemands et incarcéré à Fresnes pendant 6 mois pour avoir été responsable de parachutages d'armes sur le Vivarais, le Vaucluse et les Bouches-du-Rhône, il a composé de tête des poèmes qu'il a retranscrits sur papier à la Libération.

 

  D'une intelligence hors norme, devenu professeur agrégé de médecine en 1949, il s'était vu confier en 1954 la direction du Centre de recherches expérimentale sur la leucémie et les maladies du sang. Nommé ensuite professeur en cancérologie, il a eu à présider de 1967 à 1980 l'Institut national de la Santé et la recherche médicale. Il fut aussi membre du Conseil d'Administration de l'Institut Pasteur.

 

  Ce maître qui a révolutionné la science du sang a été soucieux de ne jamais oublier les principes moraux essentiels. Il a été le premier président du Comité consultatif d'Ethique convaincu de "la spécificité de chaque être humain et donc de l'extrême difficulté d'édicter des règles de conduites universelles, surtout dans le domaine si mouvant de l'éthique biomédicale".

 

La France vient de perdre un grand humaniste, un homme de conviction et de devoir...

 

 

 

Publié dans Actualité politique

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