Un modèle républicain en danger

Publié le par DLJ Lorraine

             L’article 2 de la Constitution du 4 octobre 1958 dispose « l’hymne national est la Marseillaise ».

 

            Ce soir, à l’occasion du match de football opposant la France à la Tunisie, rencontre dite amicale se disputant au stade de France, les hymnes nationaux repris par deux chanteuses juste avant la rencontre, ont été copieusement sifflés.

 

            Porter atteinte au chant de l’hymne national pourrait s’avérer être une violation de la Constitution précitée. Mais le texte suprême de l’ordre juridique français ne consacre pas d’infraction pénale.

 

            En revanche, par le terme « Constitution », ce texte constitue la base, les fondements, les principes de notre droit, de notre État, et de notre Nation. Violer même de manière résiduelle cette norme revient à porter atteinte, même casuellement aux principes fondateurs et fondamentaux de notre État.

 

            À ce titre doivent donc être condamnés non seulement les sifflets de l’hymne national français mais aussi leur banalisation.

 

            Consacrer un droit est une chose, le rendre effectif par une réaction forte (même extra juridique) en cas de violation en est une autre (rentrée aux vestiaires des joueurs, réaction du Président de la République…).

 

Une identité nationale

 

            Les discours sur l’identité nationale du candidat Nicolas Sarkozy prendraient tout leur sens et ne seraient pas réduits à un ministère de l’immigration si de telles réactions avaient lieu.

 

            Revendiquer son identité nationale, ce n’est pas seulement maîtriser l’immigration, c’est aussi être fier des valeurs et des principes de son pays, se retrouver autour de cette devise « liberté, égalité, fraternité ».

 

Une République fraternelle

 

            Être français, c’est croire que tous les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droit.

 

            De cette état naturel de liberté et d’égalité (en droits), vient une aspiration légitime de chacun au bonheur.

 

            Soit la liberté la volonté de chaque individu d’accéder au bonheur, l’égalité demeure le droit pour chaque individu d’atteindre, dans la mesure du possible, ce but.

 

            Mais pour ce faire, seuls un effort commun de chacun en faveur de la collectivité et une société méritocratique pourront rendre la Nation plus fraternelle et permettre à chaque français de se sentir bien en France.

           

            L’identité nationale n’est pas un discours, elle est une raison d’être du politique, un véritable programme politique.

 

Comprendre ces sifflets…

 

            Comme dit au début de cette article, ces actes sont condamnables. L’office des lignes qui vont suivre ne sera pas d’excuser, ni même de justifier ces sifflets, mais simplement d’essayer de comprendre, d’expliquer ce qui  a pu conduire les auteurs de ces actes à les commettre.

 

            La Tunisie est une ancienne colonie française. Peut-être y a-t-il à cet égard une réaction de l’ancien colonisé à l’égard du pays anciennement colonisateur.

 

            Ce constat appelle deux remarques:

 

            D’une part, cet état de fait appartient à l’histoire.

 

            La matière historique est composée de faits, de réalités, qui bien que le plus souvent causés par des volontés politiques, ne demeurent plus aujourd’hui que des faits.

 

            De cette remarque découle l’attitude qui doit être celle de la France aujourd‘hui: il faut accomplir son devoir de mémoire mais ne pas tomber dans le sentiment de repentance.

 

            La France ne doit pas être responsable de ces actes passés mais ne doit répondre d’une éventuelle responsabilité que si elle renie ou oublie la mémoire de ces actes.

 

            D’autre part, les sifflets ont en majorité été le fait de jeunes, cette génération que l’on dit être la troisième.

 

            Il existerait chez elle un sentiment de revanche à l’égard de l’attitude qu’aurait pu avoir la France envers leur grand parent.

 

            La politique d’immigration industrielle du début des Trente Glorieuses ainsi que la politique du logement menées à cette époque ont certes eu des conséquences. Mais a-t-on parlé d’intégration en ces années fastes?

 

Une lecture moderne de l’Hymne National

 

            Pour conclure, reprenons les vers de la Marseillaise:

 

« Allons enfants de la Patrie! » Oui, l’hymne national s’adresse à tous les français qui aime la France, de ce rapport filial. Or, quand connaît-t-on le mieux ce rapport d’affection pour une mère si ce n’est au cours de notre jeunesse?

 

« Le jour de gloire est arrivé! » Oui, à chaque fois que cet hymne est entonné, ce doit être un jour de gloire pour la France et pour les français.

 

« Contre nous de la tyrannie! » Chaque jour, des nouveaux tyrans se dressent contre nous; l’obscurantisme, l’extrémisme, l’individualisme sont ces nouvelles idées tyranniques que la solidarité nationale et la fraternité républicaine peuvent combattre.

 

« L’étendard sanglant est levé! » Ce vers, repris deux fois, peut montrer la détermination de la France et des français, de toujours se battre au service de ses valeurs, de ses principes, pour défendre l’intérêt de la France et des français, pour servir l’intérêt général.

 

« Entendez-vous dans nos campagnes », La France ne s’arrête pas à la ville. Non, elle s’adresse à tous les français sans exception.

 

« Mugir ces féroces soldats », Le mépris, l’obscurantisme, l’extrémisme, l’intolérance, l’individualisme sonnent à toutes nos portes. Il nous faut être forts, et nous rassembler.

 

« Qui viennent jusque dans nos bras » C’est au cœur de chacun d’entre nous que doit se vivre l’attachement à son pays, l’attachement à la France

 

« Égorger nos fils et nos compagnes » Malgré le vers très sanguinolent, il faut bien ici voir que la Marseillaise s’adresse à nos attaches, à nos racines, à nos familles, c’est pour cela qu’il faut se rassembler.

 

« Aux armes! Citoyens ». Aujourd’hui, les armes ont changé. Ce sont nos mots. Nos mots et nos actes qui doivent rassembler, qui doivent toujours penser aux français, à la France, à l’intérêt de la France et des français, bref, à l’intérêt général.

 

« Formez vos bataillons » Sans être belliqueux ce terme peut simplement vouloir dire engagez-vous au sens politique le plus noble du terme, faites avancer le débat.

 

« Marchons! Marchons! » La France n’est pas statique, elle œuvre, elle est dans son temps, fière d’elle-même et de ses valeurs.

 

« Qu’un sang impur abreuve nos sillons! » Si ce vers est le plus sanguinaire, l’ennemi a changé. C’est contre le mépris, l’intolérance, l’obscurantisme, l’extrémisme que nous devons nous battre.

 

Les discours de nos politiques se finissent souvent par Vive la France!

 

C’est maintenant aux français de vivre la France!

Cédric PREVOT

Publié dans Actualité politique

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biache 21/10/2008 18:37

Quel manque de courage de Bernard laporte, il aurait pu venir plaquer Laam sur le terrain. De toute façon ,maintenant qu'on sait qu'il n'est pas le père de l'enfant de Rachida Dati, il peut faire ce qu'il veut avec une autre. Au moins, cet incident a permis de faire passer l'hymne national avant l'hymen national ! PE

biache 21/10/2008 18:35

Quel manque de courage de Bernard laporte, il aurait pu venir plaqué laam sur le terrain. De toute façon ,maintenant qu'on sait qu'il n'est pas le père de l'enfant de Rachida Dati, il peut faire ce qu'il veut avec une autre. Au moins, cet incident a permis de faire passer l'hymne national avant l'hymen national ! PE

Juris 18/10/2008 10:47

Bravo Cédric, au délà de l'aspect repréhensible (moralement et pénalement), une question reste entière: Qu'a-t-on sifflé? Laam ou la Marseillaise?