La Commission européenne, "l'intérêt général" vous dites?!

Publié le par DLJ Lorraine

"La puissante direction générale du commerce et son commissaire, Peter Mandelson, sont ébranlés par une étrange affaire de corruption présumée. Un des piliers de ce département, l'Allemand Fritz-Harald Wenig, s'est laissé piéger à Bruxelles par deux journalistes de l'hebdomadaire eurosceptique britannique The Sunday Times.

Se faisant passer pour des lobbyistes londoniens, les deux reporters ont fait miroiter au haut fonctionnaire la promesse d'une juteuse commission, voire d'un poste grassement rémunéré, afin d'obtenir des informations pour le compte d'un pseudo-client chinois. Aucun versement n'aurait eu lieu, mais M. Wenig s'est bel et bien laissé aller à quelques confidences à la table des meilleurs restaurants bruxellois.

 

"TOLÉRANCE ZÉRO"

 

Le Sunday Times affirme disposer des enregistrements vidéo de trois rencontres compromettantes organisées entre mars et septembre par les deux faux consultants. D'après les conversations retranscrites par l'hebdomadaire, M. Wenig laisse entendre, contre toutes les règles en vigueur au sein de la commission, qu'il pourrait être intéressé par les propositions financières qui lui sont faites.

Devants ses interlocuteurs, il réfléchit à la meilleure façon de toucher les sommes promises après sa retraite, afin que l'affaire ne soit pas "illégale". L'ancien directeur de la politique antidumping de la commission trahit quelques secrets internes au sujet de fabricants chinois de chaussures et de bougies menacés par d'éventuelles sanctions européennes.

L'Office européen de lutte anti-fraude a ouvert une enquête, lundi 8 septembre, après la publication de l'article du Sunday Times. M. Wenig, qui va faire l'objet d'une procédure disciplinaire, a expliqué n'avoir transmis que des informations "semi-publiques". Actuellement en congé, il pourrait être suspendu pendant la durée des investigations. "La Commission suit une politique de tolérance zéro à l'égard des conduites contraires à l'éthique et illégales", indique un porte-parole de l'exécutif européen, où l'on cherche à obtenir les enregistrements du Sunday Times : "La lumière doit être faite au plus vite."

L'affaire est d'autant plus sensible que M. Mandelson a cherché en vain à refondre la politique anti-dumping de l'Union, dont nombre d'experts critiquent l'opacité. La réforme avait été bloquée par plusieurs Etats membres, comme la France, l'Allemagne et l'Italie, soucieux de protéger leurs industries contre la concurrence déloyale des entreprises chinoises.

Philippe Ricard"

Publié dans Actualité politique

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