En mémoire des 10 soldats morts en Afghanistan...

Publié le par DLJ Lorraine

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Aujourd'hui, la France et son armée ont vu mourir 10 de ses soldats en Afghanistan, lors d'une embuscade des Taliban à une heure de route de Kaboul, la capitale du pays.

  Au delà de cette triste journée, qui est la plus meurtrière pour l'armée française depuis l'affaire du Drakkar au Liban en 1983, cela doit nous amener à réfléchir sur l'évolution actuelle du conflit afghan.

  Ainsi, il apparaît que la situation militaire et politique à Kaboul s'est détériorée et ce, pour plusieurs raisons :

- l'armée américaine et ses alliées de l'Otan (dont fait malheureusement partie la France) n'a pas réussi à ramener la paix en 7 ans de guerre de partisans, contre un "ennemi" invisible... les troupes professionnelles, formées à un combat contre un ennemi bien individualisé, ne peuvent lutter contre une armée de l'ombre. Les américains, qui ont pourtant connu l'enfer au Vietnam, n'ont apparemment pas compris que l'occupation militaire d'un pays ne garanti aucunement la victoire finale...
- la population, dans un premier temps hostile aux Talibans et leurs lois liberticides, est revenue à une position plus neutre voire même favorable à un groupe militaire qui pourra leur redonner leur indépendance. En effet, les USA ont voulu imposer à la population afghane un président fantoche favorable aux USA sans tenir compte de l'avis des nationalités afghanes. Ce grave fait politique n'a abouti qu'à une chose, liguer l'ensemble des clans afghans contre "l'envahisseur occidental"...
- la complexité géopolitique de la région ne peut être résolue par une solution militaire telle qu'elle est proposée par le commandement de l'OTAN. Une vision politique imposée par l'Occident ne servira à rien tant qu'elle n'obtiendra pas une adhésion franche et massive de a part de la population.

  A l'heure où l'idée de "légitimité des peuples à se gouverner par eux-mêmes" est contestée par une classe intellectuelle qui veut remettre en question le postulat de la Démocratie, il est plus que temps que nos politiques redécouvrent que la volonté d'un peuple ne se dompte pas...

  L'esprit de résistance qui a animé nos aïeux en 1940 pour défendre leur liberté n'est pas une spécificité nationale, il se retrouve partout où ce droit inaliénable et fondamental est bafoué...

  Aidons et surtout accompagnons le peuple afghan à recouvrer sa liberté et son indépendance, mais pas n'importe comment
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Publié dans Actualité politique

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PE 27/08/2008 07:21

Oui, je souscris tout à fait à cette idée et il ne m'apparait pas légitime de justifier notre présence par la nécessité de lutter contre le terrorisme (quelques fois, certains discours rappellent ceux des anciens d'Algérie...). En effet on ne s'attache qu'à ce dernier et non pas à sa cause première: l'agression d'une nation par d'autres. Il est justement rappelé dans l'article que la Résistance n'est pas une exception, car il s'agissait de terrorisme, mais personne ne le dit, car ce fut un terrorisme triomphant. J'espèrais que le conflit irakien donnerait des leçons aux pays du Nord, leur intimerait de prêter l'oreille aux autres peuples, qui, depuis la chute de l'URSS, leur reprochent un ethnocentrisme occidentaliste et universaliste. Certes, l'Histoire des Nations occidentales révèle que la démocratie serait le meilleur modèle de gouvernement, mais ce dernier ne peut être imposé à d'autres qui n'ont pas connu une telle histoire. Ne valait il pas mieux un autocrate comme Saddam Hussein qu'un semblant de démocratie, rongée par la corruption et les intérêts?Je ne serais sans doute pas le premier à le rappeler, c'est pourquoi je vous conduit à relire l'ouvrage de réference en matière de géopolitique multipolaire: Le choc des civilisations de Samuel Huntington, qui mettait déjà en garde l'Occident à propos de la Résugence islamique.Enfin, il convient de réfléchir profondément sur la question de l'OTAN. Pour ma part, "avec l'Otan va, tout s'en va", l'organisation n'a plus lieu d'être, car l'URSS n'est plus. La France n'a pas d'intérêt de rester dans ce "machin" si ce n'est pour témoigner de son allégance aux Etats-Unis et s'affirmer comme une Nation faible.Mais, à moins qu'il ne se produise un accident, rien ne changera avant 2012, d'autant plus que notre cher Président restera sourd à ces révendications, si sa chère épouse continue la chanson...PS: je vous recommande une lecture très amusante Chonique du règne de Nicolas Ier de Patrick Rambaud chez Grasset.