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L'essentiel du traité européen simplifié

 

 

Vendredi 29 février 2008

            En plus d’être le pays du vin et de la gastronomie, la France est aussi la patrie de l’inflation législative. Nos jolis codes rouges sont de plus en plus nombreux et de plus en plus épais. Sans compter qu’il faut en changer fréquemment, puisque le législateur ne peut s’empêcher d’ajouter, supprimer ou amender chaque année quelques articles. Si bien que tout étudiant en droit se retrouve à la fin de son cursus avec une belle bibliothèque toute rouge. Il est bien sûr tenté de vendre ses codes d’une année sur l’autre, mais évidemment personne n’en veut, ils font déjà partis de l’histoire du droit.

             Si certaines lois sont sans doute nécessaires, soit pour régir un nouveau domaine, soit pour réformer une législation devenue obsolète, on pourrait se passer d’un certain nombre d’entre elles. A cet égard, « l’activisme législatif » dont font preuve nos nouveaux gouvernants est absolument inique. C’est sans doute un des problèmes que soulève la récente polémique autour de la loi relative à la rétention de sûreté. Un scandale financier éclate au grand jour, un crime macabre survient, un enfant se fait mordre par un pitt-bull, et c’est la législation en vigueur qui en fait les frais. On pointe du doigt ses défaillances auxquelles on promet de remédier au plus tôt. Alors on fait une loi de plus, meilleure que la précédente et ainsi on satisfait l’opinion public qui croit à tort que plus il y aura de lois, plus les hommes seront en sécurité. Mais celle-ci montrera ses défaillances lors d’un prochain fait divers, alors on en fera une nouvelle, plus sévère, plus détaillée, qui elle-même sera remplacée par une autre quelques années après, au plus tard.
 
             Mais ce jeu de dupes n’est pas sans conséquence. D’abord, en multipliant ainsi les lois, on leur enlève évidemment leur solennité et donc leur efficacité. Dans son discours préliminaire sur le projet de Code civil, Portalis mettait déjà ses contemporains en garde face à ces excès : « Il ne faut pas que des lois inutiles affaiblissent les lois nécessaires, elles compromettraient la certitude et la majesté de la légalité ». Il ajoute : « La multitude des lois étoufferait leur dignité et nuirait à leur observation ».
            Ensuite, on prend le risque de légiférer dans l’urgence. Et quand on légifère à la hâte, dans des cas spéciaux, on n'a pas le temps de s'assurer que les nouvelles lois vont bien s'intégrer à l'ensemble des lois existant déjà, car seule la pratique peut en révéler les défauts. On aboutit souvent à un ensemble de lois disparates, sans cohérence ni structure. Alors on les regroupe dans un code pour en donner au moins l’illusion.
            Enfin, changer la loi ne peut en elle-même régler un problème. Le succès d’une loi dépend non seulement de sa valeur intrinsèque, mais, pour une part au moins aussi importante, de son exécution, c’est à dire de ses décrets d’application, ses mesures d’exécution individuelle et de son financement.
 
           Et Montesquieu de conclure : « Lorsqu’il n’est pas nécessaire de faire une loi, il est nécessaire de ne pas en faire ». A méditer du côté de l’Elysée…

Laurent

par DLJ Lorraine
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Mercredi 27 février 2008

 

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Il en est trop des grandes références, et des grands discours sur l'avenir politique et surtout économique du vieux continent.

Il est temps d'en appeler à la responsabilité de nos dirigeants bruxellois et parisiens.

"Un jour viendra", c'est avec cette expression que Victor Hugo entamait ces vers sur le rêve européen.

S'il est une autre citation du poète politique français qui doit nous interpeller aujourd'hui, c'est la suivante:

"Ce qui augmente la liberté, augmente la responsabilité"

Alors à tous ces européistes qui n'ont que le mot liberté voire libéralisme à la bouche, pensez à adopter un comportement responsable.

Oui, il est temps de passer du discours aux actes. On a beau nous insulter d'antieuropéens, nous aussi, l'Europe de la puissance nous la voulons...

Oui, nous voulons l'europe de la puissance monétaire, l'europe démultiplicatrice de toutes les puissances nationales qui la compose, l'europe exportatrice, l'europe croissante...

Au lieu de ça, en janvier on nous annonce une balance commerciale française déficitaire de 38 milliards d'euros, ce matin un euro à plus d'un dollar cinquante, et demain un baril de brut explosant la barre des 100 dollars (?)

Amis européens et soi-disant européistes, amis dirigeants, arrêtez de nous montrez vos écrans de fumée! Il n'y a pas de fumée sans feu! Nous autres, voyons bien que la maison Europe brûle!

Moi, qui ne suis pas coutumier de ce genre de diatribes endiablées, suis excédé par cet art de jouer avec les nerfs des peuples d'europe. Au final, vous vous moquez autant de la vie que de l'avis des européens.

Il n'est pas question de revenir ici sur le dramatique épisode du Traité de Lisbonne. Mais à peine avez vous le sourire jusqu'aux lèvres pour célébrer cette victoire française que vous vous replongez dans le feuilleton éternel de l'euro fort.

Ce nouvel épisode est d'ailleurs digne des plus grands feuilletons télévisés. Un acteur déclaré: la banque centrale européenne! Et de nombreux personnages occultes: des lobby-ins de patrons, investisseurs et spéculateurs européens.

Car, oui disons le si la Maison europe brûle cela ne concerne pas les investisseurs, et les épargnants, qui profitent de l'euro fort et des taux directeurs super hauts pour placer et faire fructifier leur argent.

Devenant uniquement une monnaie d'épargne, l'euro ne sert pas la consommation, l'exportation, et la croissance, attire tous les investisseurs et épargnants étrangers, et TUE nos économies nationales.

Voilà encore un article qui est beaucoup trop long! Mais à l'heure où on apprend que l'euro dépasse (et peut être pour longtemps) les 1.50$, la colère et l'impatience ne sont pas moins grandes bien au contraire...

Oui à l'Europe de la puissance, du démultiplicateur des puissances nationales, de l'euro instrument de croissance!!

Non au libre échangisme, à l'Europe "portefeuille d'épargne des américains", à l'euro instrument de placement spéculatif!!

P.S: Le président du pouvoir d'achat sait que la politique de sa campagne et de ses promesses est à cette échelle. Alors courage politique ou reniement politicien et européiste?

 

par DLJ Lorraine
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Samedi 23 février 2008

80x80_lluisbassets.jpgVoici la retranscription d'un article paru dans les quotidien espagnol El Pais. Je m'arrête là. Il se passe de commentaire. A noter la référence au gaullisme. A croire qu'il n'y a qu'en France que nous avons oublié ce que fut le gaullisme.
 
"Les Français ont un problème. Ils croyaient avoir un superprésident, un hyper¬dirigeant capable de les sortir de la dépression et de la décadence, et voilà qu’ils ont écopé d’un président comme ils en ont déjà connu beaucoup d’autres : à savoir malade, limité, qu’il faut dorloter et protéger tout en s’organisant pour que la France tourne et que le gouvernement et les institutions fassent leur devoir. 
La situation n’a rien d’inédit : Pompidou et Mitterrand étaient déjà des présidents malades et diminués. Le premier est même mort avant la fin de son mandat. Quant à Chirac, il fut un obstacle paralysant pendant une bonne partie de sa présidence. La maladie dont souffre Sarkozy n’a pas la gravité du cancer de la prostate de Mitterrand, mais elle touche un organe vital s’il en est : l’ego. Celui du président est d’évidence atteint d’une hypertrophie probablement incurable.
 Plus on s’approche du 9 mars 2008, date du premier tour des élections municipales, plus la nervosité des candidats du parti présidentiel augmente et plus on redoute les interventions de Sarkozy, susceptibles de faire perdre des voix à l’UMP. Le parti du chef de l’Etat est divisé à cause de tensions qu’il a lui-même créées. Le traitement qu’il a infligé en public aux uns et aux autres, y compris à certains de ses collaborateurs les plus proches, est digne du comportement d’un monarque bilieux et capricieux avec ses laquais.

 Même son actuelle impopularité est extravagante : elle ne s’explique pas par un train de réformes puisque ces dernières sont encore largement inappliquées. Elle s’explique uniquement par son comportement public. Le trône qu’occupe Nicolas Sarkozy a été imaginé par de Gaulle pour lui permettre d’être le troisième larron d’un monde bipolaire. Le président français voulait être un fier contrepoids occidental dans l’affrontement entre Washington et Moscou. Or Sarkozy, arrière-petit-fils libéral et proaméricain de De Gaulle (après le petit-fils, Chirac, et le fils, Pompidou), s’est installé sur le trône élyséen porté par son ambition personnelle et sa conception égotique de la présidence : il a par le fait encore accru les pouvoirs de la présidence. Et, une fois parvenu à ses fins, il s’est consacré à lui-même, comme un ado narcissique obnubilé par ses sentiments et ses plaisirs. 
Certes, le pouvoir peut en apporter beaucoup, mais la prudence conseille de ne pas trop en faire étalage. Sarkozy le téméraire fait tout le contraire et se vautre dans l’exhibitionnisme. 
C’est sur trois points précis qu’est venu se briser le personnage : l’économie, qui n’a pas enregistré la moindre amélioration depuis son arrivée ; son idéologie plus néocons, voire “théocons”, que gaulliste – en témoignent des prises de position sur la laïcité contraires à la culture de la République ; et sa vie privée, étalée dans les médias. 
En monarque thaumaturge qui par une simple imposition des mains devait augmenter le pouvoir d’achat, il a échoué au point de prononcer la formule maudite qui rompt les sortilèges :
“Qu’est-ce que vous attendez de moi ? Que je vide des caisses qui sont déjà vides ?” 
En monarque philosophe, il a manifesté les plus fortes réserves vis-à-vis des traditions républicaines, en exprimant avec désinvolture son affinité intellectuelle avec le pape. Il n’a pleinement triomphé que dans le rôle de sultan, seigneur en son sérail, paré des atours qui passionnent un certain public – et manifestement aussi ses pairs. Le voilà fasciné par son propre pouvoir de séduction, son goût exquis et sa désinvolture. Mais ce triomphe-là a le don de déprimer beaucoup de Français car il rabaisse la République au niveau de la principauté de Monaco. » 

Lluís Bassets El País

par DLJ Lorraine
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Jeudi 7 février 2008
par DLJ Lorraine publié dans : Actualité politique
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